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Ma chère sœur,

 

Figure toi que nous avons été invités à réveillonner au château de Champs. Nous étions attendus sous un grand dais. Là, nous avons enfilé des capes rouges comme les boules de houx. Nous avons dû patienter dans le hall, les maîtres des lieux, la famille Cahen d'Anvers, venait de faire installer le téléphone. Et souhaitaient nous présenter non sans orgueil cet objet révolutionnaire. Quand les portes de la cour intérieure se sont ouvertes. Il neigeait. De la vraie neige. Des chanteurs de rues entonnèrent les anges dans nos campagnes. Tu sais le fameux gloria. Le temps de notre enfance était de retour. Une calèche attendait et les livreurs de vin déchargeaient de précieuses bouteilles de leur carriole, des Romanée Conti.

 

Nous sommes d'abord descendus dans les cuisines. Ça sentait bon le pain et les gâteaux. Les soubrettes en robe noire et tablier blanc, dans un ballet incessant s'affairaient aux derniers préparatifs. Si tu avais pu voir la table cirée longue au moins de six mètres avec le couvert mis avec soin. On n'a pas eu le droit à l'apéro. Mais bon.

 

Ensuite nous étions attendus au salon avec des messieurs en queue de pie et de jolies dames en grandes robes qui froufroutaient au moindre mouvement. Les murs couverts de tableaux scintillaient sous les lumières. Les discussions allaient bon train quand on a dévoilé le cadeau pour la fille de la maison : son portrait peint par Renoir. Scandale mais c'est flou s'est insurgé Monsieur Cahen d'Anvers. Marcel Proust de lui répondre mais c'est un tableau impressionniste. Puisqu'il ne vous plaît a rétorqué son épouse, nous le mettrons dans les communs! Il n'offensera pas votre vue. Nous sommes passés à la salle à manger où les majordomes annonçaient nos titres : Madame la princesse de... Princesse d'un soir mais princesse quand même. Sous les lustres, le cristal, l'argenterie, la porcelaine brillaient de mille feux. La table était couverte de roses rouges et blanches. Dans une jardinière une brassée d'amaryllis rouges flamboyait.

 

Nous avons pris le café au salon où les langues se sont déliées. On a beaucoup ri de ce pauvre Bizet mort quelques jours après les premières de Carmen. Pfft a pouffé une princesse une bohémienne qui se fait poignarder. Dans huit jours son opéra sera oublié... On connaît la suite.

 

Attirés par les sanglots d'une enfant qui avait écouté aux portes, nous avons franchi le seuil d'un petit cabinet. Elle pleurait son cadeau qui serait descendu dans les communs. La gouvernante pour la consoler lui racontait l'histoire de casse-noisette. Nous l'avons accompagnée dans un salon immense avec un sapin de lumière d'au moins dix mètres de hauteur. A défaut de forêt c'était le roi du salon. Et là, la magie a opéré. la petite fille s'est cachée sous ses ramures et s'est transformée en demoiselle au bras d'un prince. Sur la piste, se sont élancés sur la valse des fleurs suivis par des danseurs qui nous on raccompagnés jusqu'à la porte.

Tu vois le Père Noël existe encore. Il faut seulement y croire.

 

Mireille HEROS

UIA

3 décembre 2018

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