La table d'écriture

02 mai 2018

Polyphonies corses

Je voudrais que ma voix

Traverse les montagnes

Qu’elle chante les châtaignes du Gnolo

La fraîcheur de leur ombre en plein midi.

 

Je voudrais qu’elle exhale

Les senteurs de la pinède, gorgée de soleil

Qu’elle m’enchante

Du concert des cigales

 

Je voudrais qu’elle me transporte

Au cœur du Régino, mon village

A écouter les contes de Jean-Baptiste

Autour d’un verre de vin sans raisin

 

Je voudrais qu’elle déclare ma flamme

A la belle Angèle et ses poissons blancs

A Calvi au pied de la citadelle

Quand elle résonne de la marche des légionnaires.

 

Je voudrais qu’elle apaise

Les lamentations du berger dans la solitude des Agriates

A la recherche de la lampe à huile merveilleuse

Lumière de son enfance.

 

Mireille Héros

Mars 2018

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L’oiseau et la geisha

Sur le bord des nuages, un oiseau s’est posé

A poussé les portes du cœur de la geisha

Une fleur de lotus lui a tendu les bras

Puis sur l’eau, ont dansé sous le ciel irisé.

 

La fleur de cerisier, s’est parée de rosée

Sur sa peau laiteuse, une bouche grenat

Derrière l’éventail, en tenue d’apparat

Rejoint à petits pas, la maison de thé

 

Fleur de porcelaine, le cœur lourd et amer

Aux riches samouraïs, offre son innocence

Du kimono froissé, s’envolent les chimères.

 

Sur le dragon ailé, galopent vers la lune

Emeraude et saphir, deux cœurs au firmament

Unis dans l’infini paradis des amants.

 

Mireille HEROS

Récipro’savoirs

3 mai 2018

 

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29 avril 2018

Rendez-vous en terre inconnue

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A peine de descendu du camion qui l’a transporté qu’un troupeau de moutons noirs part à la découverte des vertes prairies d’un ancien château. Le soleil brille en ce début de printemps. Les pâquerettes pointent leur nez. Nos moutons tout heureux se mettent à la tâche. Sauf un qui se carapate. Affolement chez les employés municipaux. Le canal n’est pas loin.

 

Attiré par le chant des perruches vertes, notre fugueur part à l’aventure, au nez et à la barbe des bergers d’un jour. Comment faire rentrer un mouton dans le rang ? Telle est la question. Soudain l’un d’entre eux imagine un stratagème. Il agite une boîte de croquettes comme pour les chats et les chiens. A malin, malin et demi, notre mouton n’en a cure. Il passe à travers les mailles du filet des jambes écartées des bergers.

 

C’est ce moment que choisit un petit noiraud au poil de velours pour aboyer sur le fuyard. Ce dernier redouble d’ardeur dans sa course à la liberté, au désespoir des gardiens. Leur visage vire au rouge framboise de colère et d’essoufflement. Le plus énervé d’entre eux n’y tient plus. Il monte dans le camion et ressort avec une corde. Avec dextérité, il en fait un lasso, attrape le mouton rebelle et le ramène au bercail. Notre homme était un ancien champion de rodéo.

 

Au moment où de nombreuses villes remplacent les tondeuses par des moutons, doivent-elles aussi recruter des cow-boys au Far West ?

 

Mireille HEROS

UIA

30 avril 2018

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14 avril 2018

Croqueuse d’hommes

Je frissonne de révolte et de dégoût pour cette société de merde où les sans grade, sans papiers sont oubliés, méprisés par les fonctionnaires en col blanc. Derrière leur bureau bien vitré pour éviter tout contact direct, ils ne savent que brandir leur bible : le règlement. Et le règlement ils l’appliquent à la lettre.

 

C’est à  se demander s’ils sont constitués normalement. Font-ils partie de ces robots dont le cœur et le cerveau sont rangés au placard ? Si vous haussez le ton de la voix, vous êtes menacés d’expulsion. Vous devez les caresser dans le sens du poil. Ils en tirent une jouissance infinie. Ils détiennent leur petit pouvoir. Celui de vous dire non.

 

Imaginez un pauvre Congolais perdu dans le brouillard des démarches administratives. Accompagné d’une éducatrice,  du centre d’hébergement « Parfum des fleurs » où il vit, il se rend à la préfecture pour voir où en est  sa demande de renouvellement de carte de séjour. Formulée  depuis six mois elle est restée sans réponse ou convocation. Après des heures et des heures d’attente, ils apprennent, de la bouche d’un fonctionnaire un peu plus humain que les autres, que sa demande fait l’objet d’un refus assorti de la mention « obligation de quitter le territoire français ». Stupeur et désespoir. Sa faute lui indique-t-on, ne pas avoir renouvelé sa carte de résident quand il vivait à la rue. C’est sûr que dans la rue on ne fait pas de télé-déclaration à la préfecture.

 

Même sans être émigré et SDF, tous les jours nous sommes confrontés à l’absurdité d’une machine incontrôlable pour qui les mots humanité, compassion,  sont inconnus. Bien sûr que nous avons besoin de services publics et d’une administration. Si seulement, les fonctionnaires réapprenaient à sourire, les difficultés de la vie seraient moins lourdes à porter.

 

Mireille Héros

UIA

16 avril 2018

 

 

 

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Il perd ses papiers et se retrouve aux Restos du Cœur

Dans le jardin d’enfants, un homme guette. Il sort tout droit de l’université où il a été refoulé en raison de ses engagements politiques. Il soutenait le programme d’un gourou lors de soirées bien arrosées. Il voyait l’avenir en technicolor avec Capucine, une petite meuf rencontrée dans une boîte de nuit. Elle attirait les clients et leur proposait quelques plaques de H. moyennant finances sonnantes et trébuchantes.

 

Aujourd’hui alors que les cheminots sont en grève, il rêve d’un appartement où il installera femme et enfant. Mais pour l’heure l’orage menace et risque de le ramener à la case départ parmi les chats errants, sans papier, sans argent. Seule sa volonté de sortir de la clandestinité lui donne la force de rester debout. Lui qui depuis dix ans se bat pour retrouver sa dignité d’homme doit se contenter du gilet jaune fluo prêté par le SAMU social. Le couperet tombe : vos papiers sont périmés, vous repartez au Congo.

Désespéré, il s’en va frapper à la porte des Restos pour y prendre un dernier repas chaud.

Mireille Héros

Club des Poètes de Marne la Vallée

Définition poétique

Koulado. Fleuve du cosmos à 2 milliards d’années lumière de la planète bleue. Il prend sa source dans les rayons de l’arc-en-ciel. On le retrouve sous forme de cascade dans les montagnes lunaires. Il habille l’astre de la nuit d’un voile de mariée, signe d’une belle journée ensoleillée.

 

Fig. se dit d’un adolescent qui se la coule douce.

 

Mireille Héros

 

 

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11 avril 2018

Poème des quatre saisons

Le jour sort de sa torpeur

Paula, l’ourse blanche montre son nez

Sur une branche, deux tourterelles se bécotent

Sous la neige, les forsythias se haussent du col

Dans la douceur du fond de l’air

Les fleurs d’aubépine sourient

C’est le printemps

 

Le jour joue les lève-tôt

La mer berce ses moutons blancs

L’azur s’étend à l’infini

Le ciel épouse la musique du vent

Dans le couchant, un nuage de flamants roses

Le soleil a le cœur en feu

C’est l’été

 

Le jour pleure des larmes d’or

Les enfants ramassent pelles et râteaux

Le vent frappe à la porte du poète

Les rimes s’envolent vers l’inconnu

Portes et volets réchauffent de leurs bras

La maison qui frissonne

C’est l’automne

 

Le jour rentre dans sa coquille

L’araignée déploie son voile de mariée

L’herbe s’habille de dentelle

Le chat se blottit au coin du feu

Les étoiles illuminent les fenêtres

Un vieux Monsieur avance dans la neige.

C’est l’hiver.

 

Mireille HEROS

Récipro’savoirs

12 avril 2018

 

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10 avril 2018

« Papiers s’il vous plait »

J’arrive à la sous-préfecture du 14ème arrondissement à 9h00. Je rejoins Monsieur K. qui, lui, est arrivé à 7h00. Nous entrons dans la file d’attente, à l’extérieur. Il y a déjà du monde, environ 60 personnes ; Monsieur K. m’informe que certains sont arrivés à 3h, voire 1h du matin pour avoir une bonne place dans la queue. Je comprends donc vite que ces allées, matérialisées par des barrières en fer, allaient être notre point de chute pour plusieurs heures.

A mieux regarder, il y a deux allées : l’une pour les premières demandes de titre de séjour, l’autre pour les renouvellements. Monsieur K. et moi sommes dans la première. La foule est éparse, tranquille. Certains, venus seuls, errent sur leur téléphone. D’autres discutent, font connaissance, passent le temps… Tous reposent contre le mur, ou la barrière. Le temps semble arrêté. Telle une mer paisible, pas une ondulation. Les heures passent.

Soudain, à l’horizon, une vague vient casser ce rythme plat. On aperçoit une agitation qui nous tire de notre somnolente attente : un resquilleur est repéré. La négociation commence. Le malfrat est pris à parti par ses voisins, qui font équipe pour l’occasion, afin de le faire reculer. La queue avance, avance. Les rangs se resserrent, comme pour faire comprendre au tricheur que la place est déjà prise, et que la sienne n’est pas là, mais derrière. Cette « bataille du centimètre » ne dure pas, le resquilleur s’avoue vite vaincu, l’animation est terminée. Les heures passent.

Les policiers, gardiens de leur hôtel, font entrer les personnes quatre par quatre, deux par file ; « deux renouvellements ! deux premières demandes ! ». Nous suivons le pas. Peu à peu nous nous approchons de l’entrée, les allers et venues deviennent une nouvelle source d’occupation. Rien de passionnant, mais au bout de trois heures, tout est bon à prendre… Nous sommes donc toujours dehors, et apercevons les policiers qui, eux, sont à l’intérieur. Ils gèrent la porte et passent la tête de temps en temps pour nous appeler.

Il est midi passé quand un homme sort, et nous donne les nouvelles règles du jeu. Il a 30 tickets en main, 30 tickets d’or qui deviennent alors le sésame pour entrer dans la préfecture. Nous nous alignons sagement, et récupérons le fameux sésame. Le sésame vers le Graal. Nous sommes le n°57. A défaut de faire une demande de papier, nous aurons au moins eu celui-là. Chacun prend son ticket, sort de la file, pour mieux la refaire. Nous voilà alignés de nouveau, les heures passent.

Une heure plus tard, c’est notre tour. Nous entrons, toujours deux par deux. Passons le contrôle de sécurité, et arrivons dans une salle… d’attente. Cette fois nous sommes au chaud, il y a des sièges (pas assez pour tout le monde), des toilettes et même une machine à café. Le grand luxe. Sur le côté de la grande salle d’attente, 6 bureaux sont alignés et séparés par des cloisons dirons-nous symboliques. Ce nouveau décor nous offre de nombreuses nouvelles distractions. A commencer par l’écran d’appel des numéros : 20 personnes devant nous. Les heures passent.

Les personnes défilent. Nous revoyons des compagnons croisés à l’extérieur, pas revus depuis 2 heures. Ils sont appelés, vont en bureau et s’en vont. Appel, bureau, sortie. Voilà le nouveau pas de danse qu’il nous faudra apprendre. L’un des administrateurs, le bureau n°3, semble pressé : il appelle un numéro, le rappelle presqu’aussitôt, puis passe au suivant. Pas le temps de se glisser soigneusement entre les rangées de siège, au risque de se voir passer son tour ! Un autre, le N°6, est plus patient mais moins discret. Il fait passer les personnes ayant une carte d’invalidité en priorité, mais par soucis d’équité, il l’annonce à toute la salle ! Pas très galant.

54, 55, 56… Nous lisons le compte à rebours, presque comme un jeu. 57, c’est à nous. C’est le bureau de l’impatient qui nous attend, nous nous pressons. Nous nous asseyons dans ce petit box, qui n’est en fait qu’un petit espace dessiné entre deux cloisons. Nous faisons face à l’administrateur qui se montre plutôt à l’écoute. Nous lui exposons notre problème :

Monsieur K. a fait une demande de titre de séjour début novembre 2017, pour lequel il a prouvé 10 années de présence en France. Depuis, il n’a pas reçu de réponse, de courrier, de convocation ou même de récépissé de demande de titre de séjour. Il nous dit ce que nous savons déjà : toute demande n’ayant pas reçu de réponse au bout de 4 mois fait l’objet d’une réponse implicite de l’administration. Or la demande date d’il y a 6 mois. Nous espérons un miracle, des délais de traitement anormalement longs, quelque chose…

L’administrateur se voit désolé de nous annoncer qu’il ne peut nous répondre car nous ne sommes pas au bon endroit. Les demandes de titres de séjour sont traitées au 9ème bureau de la préfecture de Cité. Ils nous donnent l’adresse pour leur écrire. Dommage, nous avons déjà envoyé un courrier un recommandé et un mail au responsable de ce fameux 9ème bureau ; sans réponse. Nous cherchons un espoir.

L’administrateur se rapproche, et baisse d’un ton. Il nous confie que la demande fait l’objet d’un refus, et qu’elle pourrait même avoir la mention « obligation à quitter le territoire français » ; OQTF dans le jargon. Il nous conseille de surveiller le courrier reçu, et de se préparer à l’idée de formuler un recours auprès du tribunal administratif. Tous les espoirs retombent. Je me tourne vers Monsieur K. qui reste sans voix.

Lui qui vit en France depuis 1996 et qui a déjà eu une carte de résident, se verrait-il obligé de quitter le territoire français ? D’origine congolaise, plus rien de l’attend là-bas. Son ex-femme, son fils, ses amis… sa vie sont en France. Son drame ? Ne pas avoir renouveler sa carte de résident quand il vivait à la rue. Perdu – dans tous les sens du terme – sa carte de résident n’était alors pas une priorité. Moins que celle de la survie.

Aujourd’hui Monsieur K. ne survit plus ; il vit. Mais la préfecture de police ne lui autorise pas à le faire en France. Monsieur K. est en situation irrégulière, et le restera. Combien de temps encore ? Que faire maintenant ? Nous sortons de la préfecture ; il pleut. De nombreuses personnes attendent encore dehors, elles sont trempées. Elles s’abritent péniblement, certains même avec les pochettes qui contiennent les documents justifiant leur demande de titre de séjour. Quel risque !

Eprouvés par cette journée, nous usons de ce qu’il nous reste d’énergie pour se remonter le moral. Malgré tout ça, nous ressentons le besoin de planifier la suite : appeler l’avocat, demander l’aide d’une permanence juridique, surveiller le courrier, préparer le recours… Un plan d’action qui nous permet de nous dire au revoir, et de trouver la force pour Monsieur K. de rentrer. Mutique, il n’a su dire que « je suis déprimé ».

Sur le chemin du retour je pense à tous ces autres. Tous les autres de la salle d’attente : qu’ont-ils tirés de cette journée ? Ont-ils réussi ? Certains ont-ils obtenu le Graal ? Et que deviennent tous ces autres ? Les autres Monsieur K. ?

 Jul.

 

 

 

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03 avril 2018

Chronique d’une journée de violence ordinaire

 

Une belle journée de printemps s’annonce. C’est le printemps de la poésie. Les beaux textes entendus la veille résonnent dans votre mémoire. Soudain  un silence assourdissant vous étreint. Une tape sur l’épaule vous vous retournez pensant que c’est une connaissance qui veut vous dire bonjour. Et à ce moment un éclair bleu coiffé d’un bonnet à pompon vous arrache votre sac. Là dans votre résidence au pied du bâtiment. Vous courez, hurlez en tentant de le rattraper. La lutte est inégale 73 années contre 16 ça ne le fait pas. Il court, agile comme un singe qui grimpe aux arbres. Sa silhouette fuselée s’évapore dans l’allée des Bois. Vous n’avez plus rien. Ni clés pour rentrer chez vous, ni papiers. Même pas un centime d’euros pour acheter une baguette de pain. Alertés par vos cris, l’équipe de ménage sort et vous tombez dans les bras d’un agent de surface comme on dit aujourd’hui. Vous sonnez chez le gardien qui sort aussitôt et appelle la police. Vous ne pouvez même appeler vos enfants, votre portable a disparu. En cinq minutes chrono, elle arrive. Appelle vos amis chez qui vous avez déposé un trousseau de clés. Un voisin alerté par vos cris vient spontanément témoigner. C’est un jeune noir de 15/16 ans, dit-il, j’alerte le réseau de joueurs vidéo pour donner son signalement et la couleur du sac.

 

Aussitôt la police vous prend en charge. Vous aide à parer au plus pressé : opposition sur la carte bleue et le chéquier, blocage de la carte SIM. Vive les nouvelles technologies. Ces formalités sont réglées en 15 minutes. Elle vous donne aussi de précieux conseils. Sur simple appel téléphonique votre assurance vous envoie un serrurier pour changer les serrures de l’appartement et du box, adresse une prise en charge à votre garagiste pour changer les serrures de votre voiture. A la veille du week-end pascal, ce dernier ne dispose pas des barillets adéquats. Les clés qui ouvrent les portes par simple pression c’est bien mais les voleurs n’ont plus qu’à les balayer sur les voitures en stationnement et ils trouvent la bonne. Ils peuvent partir tranquilles d’autant qu’ils ont tous les papiers du véhicule votre passeport et votre carte d’identité. Pas question de stationner au pied de votre immeuble ni dans le box, vous n’avez plus de clés. Alors, il faut la cacher en changeant d’endroits tous les soirs

 

Après tout cela, il vous reste une question épineuse à régler : comment retirer de l’argent auprès de votre banque ? Cette dernière vous répond que vous devez justifier de votre identité que les dépositions de la police ne sont pas valables. Et avec la plus grande candeur vous explique que c’est pour votre sécurité. C’est ubuesque. Heureusement qu’il y a les amis fidèles et la famille.

 

Si l’aventure s’arrêtait là ce serait trop beau. Vous partez rejoindre votre famille. Vous fermez votre porte. Et la clé refuse obstinément de sortir de son logement. Une fois de plus vous appelez le serrurier qui par chance travaille un lundi de Pâques. Et là vous dites : coupez. Et passez le message aux copines. C’était un jeudi matin à 10h30

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22 mars 2018

Orage

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Parfois l’orage est si violent

Qu’il annonce la fin du monde

Ses lames d’acier brisent le ciel

Et laissent exsangues les nuages

Alors dans ce paysage d’apocalypse

Un arc en ciel se faufile.

Le silence devient si lourd

Qu’il m’oppresse, m’étouffe

M’enferme dans un océan de mélancolie

Alors un enfant accroche un sourire aux nuages

Et pousse la porte des petits bonheurs.

 

 

 

 

 

 

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20 mars 2018

Quand les mots grimpent à l'échelle

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Jeu des échelles : chaque participant écrit un mot à l'horizontale. Ensuite la feuille tourne et chaque participant écrit un mot à la verticale commençant par les lettres du mot à l'hoirizontal. Ce dernier doit figurer dans le titre.

 

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Aventure en Thaïlande

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Les petits ruisseaux font les grandes rivières et les grandes rivières font les grandes aventures. Tel était le credo de deux Indiana Jones partis à la découverte du continent asiatique.

 

Première étape de leur périple : Shang Maï, au nord du pays du sourire. Le marché y est ouvert jour et nuit. Nos deux baroudeurs se contenteront de méditer dans une ferme et de construire des cabanes dans les villages.

 

Aves les bonzes, ils traversent les villages où tintinnabulent les cloches des bœufs d’une vachère aux yeux de geai. La temps de méditation étant passé, leur sac sur l’épaule, ils entament la tournée des bars. Mais difficile de trouver la moindre bière le jour où l’on honore Bouddha. Sur la question, tous les Thaïlandais sont unanimes. Nos deux globe-trotters  reprennent la route. Ils y croisent une amoureuse de la navigation. Elle les prend à son bord. Et là, ils rencontrent leur pire ennemie : la mousson.

 

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Silhouette

Réfugié dans un tripot pour fuir l’ouragan, un chercheur d’uranium, plein d’imagination, se mit à ergoter sur l’héritage d’une triperie qui pourrait lui changer la vie. Le silence se fit autour de lui et il ôta ses lunettes, ému, réduisant l’assemblée à des silhouettes d’éléphants ;

 

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Le manifeste des écrivains

Quel magnifique nénuphar qui, malgré la froidure, résiste dans ce décor de peinture infâmante. Après une entrecôte, suivie d’une tartiflette, nous avons bien besoin d’une petite sieste avant d’affronter le mur d’escalade pour une carrière d’alpiniste ô combien éphémère !

 

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Aventure au caravansérail

 

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Pendant les vacances au Maroc. J’entends un roulement de charrette grincer dans le désert. Je me retourne et j’aperçois un savant fou, sorte d’épouvantail à l’artillerie rouillée, qui essaie d’asticoter l’astronaute fier sur son chameau. Illusion ? Non. La raillerie continue. Cet idiot est prêt à liquider le malheureux à coups de bouquet de narcisses. Nous les séparons avec bien du mal mais ils finissent par faire la paix autour d’un thé à la menthe.

 

 

 

 

Déclaration

 

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Une catastrophe. Je ne comprenais rien de ce que me disait cet homme. Il parlait par onomatopée. Paf, paf, me disait-il, en me montrant son pneu éclaté. Il voulait sans doute un dépannage, une rustine. Que pouvais-je faire ? Nouer le pneu mais comment ? J’attendais un esprit lumineux pour m’aider.

 

Opium ensoleillé

 

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Pas d’étonnement sous ce climat insulaire ! logique même… La nuit, la noirceur du ciel s’évanouissait sous la lumière étoilée. Plein de sollicitude, mon épicurien de cousin, vêtu d’un pantalon en « losanges arlequin », lavable en machine à 30°, m’avait préparé une pipe d’opium, particulièrement lénifiante. Quelle béatitude.

 

 

 

Passions ardentes

 

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Quelle aventure ! Un jour de grande solitude, j’errais dans les rayonnages de la bibliothèque lorsque je suis tombée sur un ouvrage essentiel sur le désir. Mais une énorme araignée aux tentacules gigantesques me coupa dans mon élan. Ne sois pas nigaude, me dis-je essaie une entente avec l’animal. Impo

 

 

Posté par mireilleheros à 08:41 - - Commentaires [0] - Permalien [#]